Cancer du pancréas chez l'adulte

Apercu

Le cancer du pancréas le plus fréquemment rencontré est l’Adénocarcinome. Il s’agit d’une tumeur rare que l’on rencontre chez 1 à 10 pour 100000 habitants.

Le pancréas est constitué de plusieurs parties : la tête, l’isthme, le corps et la queue.

Il existe également les tumeurs du carrefour bilio-pancréatique. Elles incluent les cancers de la tête du pancréas, du duodénum, de l’ampoule (Ampulome) et de la voie biliaire intra-pancréatique.

Facteurs de risque

Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, le diabète, l’obésité et la pancréatite chronique.

Symptômes

Les symptômes sont en général une perte de poids, des douleurs abdominales, une fatigue, une perte d’appétit, l’apparition d’un diabète et une jaunisse (ce dernier symptôme ne survient que si la tumeur est localisée dans la tête du pancréas).

Diagnostic

Quand on découvre une tumeur dans le pancréas, on réalise des examens complémentaires (CT scanner- Echo-endoscopie avec biopsie- Pet CT) qui vont permettre de stadifier la tumeur. Tous les dossiers sont alors discutés en réunion pluridisciplinaire avec un groupe d’experts dans chaque spécialité qui vont déterminer le traitement le plus adéquat en fonction de l’étendue de la maladie. Il y a globalement 3 cas de figures possible : La tumeur est associée à des métastases, la tumeur n’est pas associée à des métastases mais elle est trop volumineuse que pour pouvoir être opérée d’emblée (tumeur localement avancée) et enfin, la tumeur est opérable d’emblée.

TUMEUR DU PANCRÉAS

Traitements

Si la tumeur est associée à des métastases, le traitement de choix sera la chimiothérapie. Le patient rencontrera alors un oncologue qui lui expliquera le type de chimiothérapie qu’il propose d’administrer, les modalités de traitement ainsi que les effets secondaires de celui-ci.

Pancréatetomie gauche - IRA II
               Figure 1

Si la tumeur est « localement avancée », généralement car elle est en contact avec de gros vaisseaux digestifs, on propose alors un traitement néodjuvant. Il s’agit d’un traitement « d’attaque » afin de tenter de faire fondre la tumeur pour qu’elle devienne opérable. Le traitement consiste en une chimiothérapie et parfois en une chimiothérapie puis radiothérapie.

Si la tumeur est opérable d’emblée, on propose alors une intervention chirurgicale. Le patient est vu en consultation par un chirurgien qui va lui expliquer les détails de l’interventions, les complications possibles, la durée d’hospitalisation, etc.

L’intervention chirurgicale va être très différente si la tumeur est localisée dans la tête et l’isthme du pancréas (partie droite du pancréas) ou si elle est située dans le corps ou la queue du pancréas (partie gauche).

Les tumeurs situées dans la partie gauche vont pouvoir être enlevées par l’ablation du corps et la queue du pancréas et parfois de la rate (splénectomie). Figure 1.

Cette intervention de lourdeur modérée peut être réalisée dans une grande majorité des cas par laparoscopie (petits trous et caméra).

A l’inverse, les tumeurs situées dans la tête du pancréas, tout comme les autres tumeurs du carrefour bilio-pancréatique devront faire l’objet d’une intervention beaucoup plus lourde qui s’appelle duodénopancréatectomie céphalique ou intervention de WHIPPLE (nom du chirurgien qui a fait cette intervention pour la première fois en 1935). La tête du pancréas étant insérée dans le cadre duodénal et étant traversé par le canal biliaire, il n’est pas possible de n’enlever que la tête du pancréas. L’intervention de WHIPPLE va consister en l’ablation du cadre duodénal, d’une partie de l’estomac, des 15 premiers centimètres de l’intestin grèle, la voie biliaire et la vésicule. Il faut ensuite faire une reconstruction du système digestif nécessitant plusieurs anastomoses. Figure 2

Whipple IRA II
Figure 2

 

 

En consultation, le chirurgien détaillera tous ces aspects techniques et les suites opératoires.

 

 

AUTRES TUMEURS DU CARREFOUR BILIO-PANCREATIQUES

Ces tumeurs incluent les cancers de la voie biliaire intrapancréatique (cholangiocarcinome) et les tumeurs de l’ampoule de Vater (Ampullome).

Le cholangiocarcinome intrapancréatique, lorsqu’il est opérable doit également être enlevé par une intervention de WHIPPLE (Voir ci-dessus). Lorsqu’il est associé à des métastases, on administre alors une chimiothérapie.

La tumeur ampullaire (Ampullome) est une tumeur qui ressemble polipoïde qui se développe au niveau de la papille (Figure 3). Elle est d’abord bénigne et très localisée, ce qui peut permettre dans ces cas une résection par voie endoscopique, par un gastro-entérologue. Dans le cas où l’ampullome est déjà cancéreux, s’il n’y a pas de métastase sur base du bilan réalisé, on propose alors une chirurgie qui est celle d’une intervention de WHIPPLE (duodénopancréatectomie céphalique). Si des métastases sont présentes, une chimiothérapie est alors proposée.

Ampoule de Vater -IRA II
Figure 3

 

Contact

Pour toute information complémentaire ou demande de rendez-vous, vous pouvez prendre contact avec une Coordinatrice de Soins en Oncologie pour les cancers hépatique au + 32 2 764 42 22 ou 78 82.

Docteurs

Dr Eliano BONACCORSI

Service de chirurgie et transplantation abdominale - Unité de transplantation abdominale et chirurgie générale, endocrinienne et bariatrique

Pr Olga CICCARELLI

Service de chirurgie et transplantation abdominale - Unité de transplantation abdominale et chirurgie générale, endocrinienne et bariatrique

Dr Laurent COUBEAU

Chef de clinique adjoint - Service de chirurgie et transplantation abdominale - Unité de transplantation abdominale et chirurgie générale, endocrinienne et bariatrique

Pr Catherine HUBERT

Chef de clinique - Service de chirurgie et transplantation abdominale - Unité de chirurgie hépato-bilio-pancréatique

Pr Benoit NAVEZ

Chef de clinique - Service de chirurgie et transplantation abdominale - Unité de chirurgie oeso-gastro-duodénale

Paramédical