Cancer du sein

Aperçu/Epidémiologie

Le cancer du sein affecte environ une femme sur neuf en Europe. En Belgique, plus de 10 500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, dont 1% chez les hommes. Deux tiers de ces cancers surviennent après la ménopause, un tiers avant celle-ci. L’approche diagnostique et thérapeutique du cancer du sein nécessite le concours de spécialistes multiples formant un groupe multidisciplinaire, qui, ensemble et pour chaque cas traité de manière individuelle, définissent la meilleure stratégie à adopter.

Facteurs de risque

Dans 5 à 10 % des cas, la survenue du cancer du sein est influencée par des facteurs héréditaires.

Le cancer du sein peut en outre être favorisé par des facteurs hormonaux. Ainsi, la survenue précoce des menstruations et la survenue tardive de la ménopause augmentent la période d’exposition aux œstrogènes et sont des facteurs de risque pour le cancer du sein. Une première grossesse tardive, l’absence de grossesse, la prise d’un traitement hormonal prolongé à la ménopause et l’obésité peuvent également jouer un rôle favorisant.

Enfin, le risque de développer un cancer est augmenté dans certaines maladies bénignes du sein tandis que certaines études incriminent une consommation excessive d’alcool ou de graisses, ou un manque d’activité physique.

Dépistage

Le cancer du sein reste la première cause de mortalité chez la femme entre 50 et 69 ans. Une femme sur 9 peut développer un cancer du sein et sa détection précoce permet d’augmenter considérablement les chances de guérison et de survie. Le cancer du sein débutant ne donne pas de symptômes. Le dépistage est donc très important. En savoir plus.

Symptômes

Au début, le cancer du sein ne provoque pas de symptômes. Il est diagnostiqué à l’occasion du dépistage. Plus tard, il peut se manifester par un petit nodule, une douleur, une modification de couleur, une rétraction du mamelon etc.

Diagnostic

Anatomopathologie

L'examen anatomopathologique consiste en une analyse détaillée des cellules au microscope. Il permet de faire la distinction entre une lésion bénigne et une lésion maligne, ou cancéreuse. Un diagnostic de cancer doit toujours être confirmé par ce type d'analyse. L'anatomopathologiste joue donc un rôle majeur dans le diagnostic du cancer. Cet examen permet aussi de préciser le type exact de cancer du sein dont la patiente est atteinte. Il permet enfin de rechercher la présence de récepteurs hormonaux et la surexpression de HER2. Ces informations sont aujourd'hui indispensables pour choisir le traitement le plus adéquat.

Radiologie

Les examens radiologiques (mammographie, échographie, IRM, ponctions et biopsies) jouent un rôle majeur dans le dépistage du cancer du sein. Ils sont aussi très utiles dans le suivi des patientes, en cours de traitement et plus tard lorsqu'elles sont en rémission.

Traitements

Le traitement est discuté dans le cadre de réunions pluridisciplinaires dès lors qu’il peut comporter un acte chirurgical, une chimiothérapie, une hormonothérapie ou de la radiothérapie.

La chirurgie du cancer du sein est une pierre angulaire de la prise en charge thérapeutique. Elle s'inscrit dans la prise en charge pluridisciplinaire et comporte différents piliers. 

Le traitement des stades débutants de la maladie  repose sur le principe d'une chirurgie minimale et oncologiquement correcte visant à enlever la tumeur tout en restaurant la morphologie du sein. Elle est pratiquée par l'équipe de gynécologie formée à la chirurgie du sein (Professeur M. Berliere,  Docteur A. Gerday et  Professeur J. Squifflet). 

Selon les souhaits de la patiente, ces interventions peuvent être effectuées sous hypnose et anesthésie locale en collaboration avec nos anesthésistes référents (www.hypnose-saintluc.be). 

Pour les interventions nécessitant une ablation du sein, notre équipe privilégie dans la mesure du possible et toujours en respectant la volonté des patientes, et les contre-indications médicales, la reconstruction immédiate. Nous collaborons avec l'équipe de chirurgie plastique (Docteur M. Coyette). 

L'équipe de chirurgie plastique propose tous les types de reconstruction mammaire: implants, lipofillings, lambeaux musculo-cutanés et lambeaux libres. 

Notre équipe pluridisciplinaire s'occupe aussi et a une grande expérience de la prise en charge des maladies localement avancées et de la prise en charge chirurgicale des maladies oligométastatiques. Ces prises en charge chirurgicales complexes s'inscrivent bien sûr dans le cadre des prises en charge pluridisciplinaires et la chirurgie est dans ce cadre-là très souvent pratiquée après traitement néoadjuvant afin d'assurer un contrôle optimal de la maladie. 

Ce type d'intervention fait appel à la chirurgie reconstructrice, (Professeur B. Lengelé), chirurgie thoracique et vasculaire (Professeur V. Lacroix) et chirurgie oncologique ORL (Professeur S. Schmitz) 

Ces options sont du reste souvent combinées et varient en fonction du type de cancer. Il est donc important que l’ensemble des spécialistes choisisse l’attitude la plus adéquate en tenant compte des caractéristiques de la tumeur et de son extension.

L'état de santé général de la patiente doit également être pris en compte. En particulier, les patientes âgées bénéficient d'une évaluation gériatrique et d'une concertation oncogériatrique afin d'adapter le traitement du cancer et de remédier aux fragilités gériatriques si nécessaire.

En cas d’option chirurgicale, l’intervention est la plus conservatrice possible. Elle est parfois précédée d’une chimiothérapie. Elle peut souvent être pratiquée sous hypnose. Après la chirurgie, l’équipe pluridisciplinaire se réunit à nouveau pour décider de la suite du traitement : radiothérapie, chimiothérapie avec ou sans radiothérapie, traitement hormonal…

La chimiothérapie peut avoir un effet néfaste sur la fertilité. Cet aspect est important à prendre en considération dès lors que le cancer du sein est susceptible d’affecter la femme jeune. Diverses techniques, comme par exemple la cryopréservation embryonnaire et ovocytaire permettent aujourd’hui de préserver la fonction des ovaires et les chances de grossesse. Ces techniques ont été développées par l’équipe pluridisciplinaire des Cliniques universitaires Saint-Luc en charge de la stérilité et sont proposées aux patientes traitées dans notre centre.

Enfin, la reconstruction du sein après ablation de la tumeur revêt également une grande importance. Elle nécessite le concours de chirurgiens esthétiques familiers des techniques modernes permettant de mener à bien des interventions parfois complexes.

Recherche / Innovation

L’équipe pluridisciplinaire en charge du cancer du sein participe à de nombreuses études internationales qui ont trait aux nouveaux traitements. Ceux-ci rassemblent la chimiothérapie, l’hormonothérapie, et, plus récemment, les thérapies capables de cibler de manière spécifique les cellules tumorales en épargnant les cellules saines avoisinantes, appelées « thérapies ciblées », et des immunothérapies, qui stimulent le système immunitaire des patientes afin qu'elles puissent combattre la maladie plus efficacement.

Le traitement du cancer du sein fait appel à différents domaines dont la RECHERCHE.

Cancer du sein et grossesse

Dans de très rares cas, un cancer du sein peut être diagnostiqué en cours de grossesse. Il s'agit là bien évidemment d'une situation extrêmement stressante pour la patiente et son conjoint. Notre équipe pluridisciplinaire a la chance de pouvoir faire appel à l'expertise d'une équipe d'obstétriciens spécialisés dans la prise en charge des patientes enceintes atteintes d'un cancer. Contrairement aux idées reçues, de nombreux traitements peuvent être administrés en cours de grossesse, sans impact sur la maman ni sur son enfant. Il est important de consulter rapidement dans ces situations afin que notre équipe pluridisciplinaire puisse proposer la meilleure stratégie, à la fois pour le traitement du cancer et pour le devenir de la grossesse.

Cancer du sein et sexualité

Le cancer du sein et ses traitements ont aussi des impacts sur la sexualité et l'intimité.

Or, l'équipe médicale n'aborde pas d'emblée ces difficultés potentielles.

Tout d'abord l'annonce du diagnostic et le choc occasionné par cette annonce oblige parfois le patient à faire face à un tas de questions pratiques ou craintes reléguant la sexualité ou toute intimité au second plan.

Les traitements chirurgicaux, qu'il s'agisse de chirurgies conservatrices ou de mastectomies, peuvent porter atteinte à l'image du corps et à l'estime de celui-ci.

La radiothérapie et ses séquences journalières nécessitant que la patiente se découvre la poitrine tous les jours pour faire face aux machines et au personnel soignant peut avoir son impact sur l'image du corps également.

Les chimiothérapies ont un impact sur la sècheresse des muqueuses dont la muqueuse vaginale (trouble de l'excitation), sur la libido (trouble du désir), et sur la qualité de l'orgasme ou sur la satisfaction sexuelle. Tout ceci en lien avec la fatigue occasionnée par le traitement ou en lien avec la perturbation du cycle menstruel ou autre...

Les hormonothérapies peuvent également avoir un impact sur le cycle menstruel; Il y aura alors des effets physiques tels que des sécheresses vaginales et/ou psychiques tels qu'une diminution de la libido.

Notre équipe pluridisciplinaire peut faire appel à une sexologue spécialisée dans la prise en charge des patientes atteintes d'un cancer du sein. Et ce que le patient soit en couple ou pas.

 

Cancer du sein et activités physiques

La pratique régulière d’une activité physique diminue dès l’annonce du cancer et cette diminution persiste tout au long de la prise en charge.

Le maintien de l'état général est pourtant déterminant pour améliorer le bien-être, soulager la fatigue, diminuer l’anxiété et la dépression, diminuer le gain de poids et le risque cardiovasculaire.

Il faut également savoir que le maintien de l’activité physique est maintenant reconnu comme un facteur de pronostic positif important chez les femmes traitées pour un cancer du sein.

Découvrez la prise en charge spécifique proposée par le service de médecine physique et réadaptation, dans cette brochure.

Evaluation de la qualité des résultats et de la qualité de vie des patientes

Les outils aujourd’hui à disposition dans le diagnostic et le traitement du cancer du sein sont à la fois performants et complexes. Aussi leur utilisation impose-t-elle un contrôle de qualité.

Un tableau de bord comportant différents indicateurs permet de s’assurer que les traitements choisis sont les bons. Les données concernant le nombre et les types de traitements chirurgicaux, l’incidence des récidives et celle des complications liées à la chimiothérapie ou à la radiothérapie sont conservées et régulièrement analysées.

La chirurgie est également évaluée sur base de plusieurs critères. L’examen des données recueillies permet de comparer l’activité de l’équipe pluridisciplinaire avec celle des autres centres de référence internationaux et de s’assurer que la stratégie suivie n’est pas associée à un nombre anormal d’effets indésirables, de complications ou de récidives.

Enfin, des prescriptions européennes ont été définies en matière de diagnostic et de traitement du cancer du sein. Elles ont trait à l’itinéraire clinique que chaque patiente est en droit d’attendre. Ainsi, selon ces prescriptions, toute femme ayant un cancer du sein doit être prise en charge dans le mois qui suit le diagnostic. Des délais sont également définis pour les différentes étapes de la mise au point et pour l’enchaînement des traitements. Le respect de ces normes est important car il a une influence sur l’évolution de la maladie : un retard dans l’instauration du traitement peut avoir un effet délétère. Répondre aux normes européennes permet donc d’optimiser l’itinéraire clinique de la patiente.

Des contrôles sont indispensables pour garantir la qualité des soins dispensés. C'est dans ce cadre que la Clinique du Sein a obtenu l'accréditation européenne (Eusoma).

Plus récemment, il est apparu qu'il était primordial d'effectuer un suivi non seulement en termes de qualité des résultats des traitements sur le risque de récidive, mais aussi sur la qualité de vie des patientes. Dans le cadre du programme ICHOM, la Clinique du Sein met actuellement au point un outil de recueil en ligne de données de qualité de vie. Très concrètement, dans un futur proche, les nouvelles patientes prises en charge pour un cancer du sein dans notre institution se verront proposer de remplir à intervalle régulier des questionnaires dont l'objectif sera de mesurer l'impact des traitements administrés sur leur qualité de vie. Ces données nous permettront d'améliorer encore la prise en charge proposée.

Contact

Pour toute information complémentaire ou demande de rendez-vous, vous pouvez prendre contact avec une Coordinatrice de Soins en Oncologie de la Clinique du Sein au + 32 2 764 42 27.

Docteur

Paramédical