Immunothérapie pour les cancers cutanés tels que les mélanomes

Qu’est-ce que l’immunothérapie ?

Il s’agit d’armer le système immunitaire des patients afin qu’il détruise les cellules cancéreuses.  Le cancer a réussi à mettre des freins aux lymphocytes (un type de globules blancs qui sont les soldats du système immunitaire) afin de devenir invisible. Grâce à l’immunothérapie, nous allons lever ces freins et ainsi le système immunitaire pourra à nouveau détruire le cancer. Tous les patients atteints d’un mélanome cutané peuvent recevoir ce traitement.

Il existe deux types d’immunothérapie

Les anticorps anti-PD1 (pembrolizumab et nivolumab)

Ce sont des médicaments qui sont administrés par voie intraveineuse toutes les 2 ou 3 semaines (KeytrudaÒ, OpdivoÒ).  Ils vont masquer le frein présent sur les lymphocytes du patient.

Les anticorps anti-CTLA4 (ipilimumab)

Ce sont des médicaments qui sont également administrés par voie intraveineuse toutes les 3 semaines (Yervoy).  Ils vont masquer un autre frein présent sur les lymphocytes.  Ils peuvent parfois être combiné au nivolumab.

A quoi sert l’immunothérapie ?

Même lorsque le mélanome a migré vers les ganglions, s’il n’y a pas de métastases à distance, le chirurgien peut enlever complètement le cancer.  Cependant, il existe un risque que des métastases reviennent.  L’immunothérapie va diminuer de façon très importante ce risque.  C’est ce que l’on appelle un traitement adjuvant. Il s’agit d’un traitement curatif puisqu’il a été montré qu’il diminue fortement le risque de décéder de son mélanome.

S’il y a malheureusement des métastases à distance, l’immunothérapie permet de stabiliser la maladie voire d’induire une régression de la maladie. Chez certains patients, cette régression peut être importante voire complète et de longue durée, plusieurs années. 

Type de prise en charge

Tous ces traitements se font en ambulatoire.  Ils sont administrés par voie intraveineuse tous les 2 ou 3 semaines à l’hôpital de jour ou CTA.  La durée d’administration est de quelques heures.

Durée

En prévention de la récidive, nous parlons d’un traitement adjuvant.  Les anticorps anti-PD1 sont administrés pendant une année.

S’il y a des métastases, le traitement est administré tant qu’il y a un bénéfice pour le patient.  Des bilans pour mesurer l’efficacité du traitement sont réalisés tous les 3 mois.  Si le patient a une réponse complète, c’est-à-dire que toute la maladie a disparu, alors le traitement peut être arrêté après 2 ans.

Comment vous y préparer ?

Dès le diagnostic de votre maladie, il est important que vous discutiez avec votre médecin pour savoir si ce traitement est le plus indiqué pour votre situation.  Il n’y a pas de test particulier à faire. Tout le monde peut recevoir ce traitement.

La procédure

Vous serez admis au centre de traitement ambulatoire (CTA) ou Hôpital de jour en oncologie.  Une perfusion sera placée et nous allons vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à recevoir le traitement en regardant les résultats de votre de sang, en vous examinons et surtout en vous questionnant sur la tolérance au traitement.  Si tous les feux sont au vert alors le médicament sera préparé par la pharmacie et la perfusion va durer 90 minutes.  Après vous pourrez retourner à la maison.

Que se passe-t-il après le traitement ?

Lorsque le traitement se termine, il n’y a pas de procédure particulière.  Il faut rester vigilant face aux complications auto-immunes pendant les 3 mois qui suivent l’arrêt du traitement.

Risques et désagréments

L’immunothérapie est mieux supportée que la chimiothérapie. C’est un traitement contraignant car vous devez venir toutes les 2 ou 3 semaines à la clinique pour recevoir ce traitement pendant une longue période puisqu’il est prévu au long cours.

Certaines personnes se plaignent de fatigue liée à l’administration de ces médicaments. Cependant un faible nombre de patients peut présenter des complications auto-immunes parfois sévères qui peuvent même être fatales si elles ne sont pas prises en charge rapidement

Complications

Les complications de ces médicaments sont d’ordres auto-immunitaires et liés au mode de fonctionnement de ceux-ci.  En effet, le but de ces anticorps est de lever les freins présents sur les lymphocytes.  Nous ne pouvons pas sélectionner uniquement les lymphocytes anti-cancer. 

Ces complications sont peu fréquentes avec les anticorps anti-PD1, plus fréquentes avec les anticorps anti-CTLA4 et très fréquentes si l’on combine les anticorps anti-PD1 et CTLA4.

Les complications les plus fréquentes sont au niveau de la peau, du colon, des glandes endocrines (thyroïde), des poumons et du foie.  Plus rarement, d’autres organes de votre corps pourraient être attaqués.  Il est important de signaler toute modification de votre état à votre équipe soignante.

Ses complications surviennent le plus souvent les 3 premiers mois du traitement parfois même plus tardivement voire dans les 3 mois après l’arrêt des médicaments.

Contre-indications

Les patients ayant bénéficié d’une greffe (rein, cœur, foie) ne peuvent pas recevoir ce type de traitement car il existe un risque de rejet de leur organe transplanté.

Les personnes ayant des maladies auto-immunes sont susceptibles de voir leur maladie s’aggravée à cause de ces médicaments qui stimulent le système immunitaire.  Une discussion doit avoir lieu entre vous, le médecin qui vous suit pour votre maladie auto-immune et votre oncologue afin de s’assurer que ces médicaments peuvent vous être administrés en toute sécurité.

Contact

Pour toute information complémentaire ou demande de rendez-vous, vous pouvez prendre contact avec les coordinatrices de soins en oncologie de la Clinique du Mélanome au +32 2 764 35 16