Cancer de la tête et du cou

Aperçu/Epidémiologie

Nous distinguons deux groupes dans les cancers « tête et cou ». Le premier groupe, le plus important, regroupe les cancers la cavité orale, du pharynx et du larynx. Ces cancers représentent 90 % des tumeurs « tête et cou ». Ils sont le plus souvent favorisés par le tabac et l’alcool. Ces dernières années, on constate une augmentation des cancers de l’oropharynx provoqués par le virus HPV (Human Papilloma Virus). En Belgique, environ 35% des cancers de l’oropharynx sont induits par le virus HPV.

Les 10 % restants sont des tumeurs plus rares, situées dans les fosses nasales ou dans les sinus paranasaux, dans l’oreille moyenne et dans les glandes salivaires. Enfin, une forme particulière de cancer situé à l’arrière des fosses nasales, le cancer du nasopharynx (ou cavum), se rencontre majoritairement dans les pays asiatiques situés en extrême orient ou en Afrique du Nord autour du bassin méditerranéen et est souvent induit par un virus, l’Epstein Barr virus (EBV), qui infecte les patients au cours des premières semaines de la vie.

Les cancers de la tête et du cou, plus rares chez la femme, représentent environ 7 % des cancers observés chez l’homme. En Belgique, leur incidence annuelle se situe autour de 2.000 nouveaux cas.

Le traitement de ces cancers est souvent complexe. Il dépend de l’extension des caractéristiques de la tumeur qui guident le choix entre la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et les nouveaux médicaments qui ciblent de manière spécifique le cancer. Ces traitements sont utilisés de manière isolée ou de manière combinée en fonction du stade d’extension de la tumeur.  Définir la meilleure stratégie suppose une concertation entre les médecins spécialisés dans ces différents domaines et rassemblés au sein d’une équipe multidisciplinaire.

Facteurs de risque

La grande majorité des cancers « tête et cou » sont liés au tabagisme et à une consommation excessive d’alcool.
Si une consommation légère d’alcool ne comporte pas de réel danger en matière de cancer, le risque augmente considérablement en cas d’absorption de quantités importantes (une bouteille de vin, dix à quinze bières par jour…).  Un tabagisme important et une consommation excessive d’alcool, lorsqu’ils sont couplés, n’ont pas simplement un effet additionnel : le risque est multiplié par un facteur 5 à 10.

Symptômes

Les manifestations des cancers de la tête et du cou sont plutôt tardives et dépendent de la localisation de la tumeur. Une voix rauque persistante est parfois le signe d’une atteinte localisée au larynx. Une lésion de l’arrière-gorge (pharynx) peut donner lieu à des difficultés ou à des douleurs au moment de la déglutition.
Des plaintes dentaires, une gêne au contact des aliments et des troubles de l’élocution sont parfois liés à une atteinte de la cavité buccale. Une angine qui ne guérit pas malgré un traitement antibiotique bien conduit doit éveiller l’attention. Parfois, le cancer se traduit par l’apparition d’un ganglion non douloureux à hauteur du cou.  En définitive, les symptômes des cancers de la tête et du cou sont généralement, au début, peu spécifiques : ils sont observés dans des pathologies autres que le cancer. Une consultation permettra d’en préciser l’origine. Malheureusement, les signes d’appel sont souvent négligés de sorte que deux tiers des cancers sont diagnostiqués à un stade avancé.

Traitements

Les tumeurs de petite taille ou de taille moyenne sont traitées par chirurgie ou radiothérapie. Leur probabilité de guérison est élevée et les conséquences de l’acte thérapeutique sont peu importantes : la voix est généralement préservée et la prise des repas après l’intervention thérapeutique est rapidement aisée.
Le choix entre chirurgie et radiothérapie fait suite à une discussion multidisciplinaire au cours de laquelle le chirurgien et le spécialiste en radiothérapie définissent, avec l’aide des experts qui ont identifié les caractéristiques du cancer (sa taille, son agressivité…) l’approche la plus appropriée. Les souhaits du patient sont également pris en compte : les modalités des deux traitements, telle la durée de ce traitement ou la nécessité d’une hospitalisation, sont quelques peu différentes, ce qui peut avoir un impact sur l’activité professionnelle.
Un suivi régulier est indispensable dès lors que le risque d’apparition d’une autre tumeur dans la même région reste présent. Sans compter que le tabagisme et la consommation exagérée d’alcool, s’ils persistent, augmentent le risque de cancer du poumon et de cancer de l’œsophage.

Les cancers plus avancés requièrent la plupart du temps un traitement combiné par chirurgie et radiothérapie. Toutefois, il arrive fréquemment que le traitement proposé soit une association de la radiothérapie couplée à la chimiothérapie ou à l’administration de médicaments capables de cibler de manière spécifique la tumeur. Ces associations visent à augmenter l’efficacité de la radiothérapie.
Le choix entre les différentes options tient compte à la fois de leur efficacité et de leurs conséquences fonctionnelles. En cas de tumeur avancée du larynx, un traitement par radiothérapie, associée à la chimiothérapie ou de radiothérapie réalisée de manière accélérée, peut parfois être proposé en alternative  à une laryngectomie totale qui a comme conséquence une ablation complète du larynx. Pour des tumeurs modérément avancées, les deux options de traitement ont une efficacité comparable mais la première permet de préserver le larynx et donc de mieux préserver la voix.

Pour les tumeurs de la cavité orale, la chirurgie est souvent  proposée comme traitement  et elle est parfois suivie de radiothérapie ou de radiothérapie et chimiothérapie en fonction des résultats de l’opération.

Recherche / Innovation

Le traitement des cancers de la tête et du cou connaît des avancées sur tous les fronts. Les chirurgiens développent des techniques innovantes non seulement pour procéder à l’ablation de la tumeur mais également pour reconstruire l’organe mutilé. Dans le domaine de la radiothérapie, la tomothérapie permet aujourd’hui d’irradier la tumeur avec une grande précision, ce qui permet le recours à des doses très élevées pour traiter le cancer tout en préservant les tissus sains avoisinants. A brève échéance, notre groupe pourra disposer d’un centre de protonthérapie installé sur le site du Gasthuisberg (Leuven) où les patients chez qui ce traitement est indiqué pourront en bénéficier.

Nos experts du groupe multidisciplinaire « tête et cou » ont publié des recommandations concernant la manière de déterminer le volume tumoral à irradier. Ces recommandations ont été validées et sont aujourd’hui utilisées à l’échelon international.

Enfin, les traitements médicamenteux ne sont pas en reste. De nouvelles molécules agissent spécifiquement sur les cellules cancéreuses, ce qui conduit à la fois à un gain important en efficacité et à une diminution de la toxicité. Les nouveaux traitements médicamenteux sont très prometteurs en association avec la chimiothérapie ou la radiothérapie. Ils sont utilisés dans le cadre d’études que notre centre mène en collaboration avec d’autres centres de référence, en Europe ou aux Etats-Unis.

Docteur

Paramédical